Publié le 24 février 2026
par Association des Chasseurs de Grand Gibier de Charente Maritime
Par Arnaud Valmont | le 18 février 2026 Chassons.com
La maladie d’Aujeszky, aussi appelée « pseudo-rage », continue de frapper les chiens de chasse en France. Après plusieurs signalements fin 2025, deux nouvelles contaminations mortelles dans le nord de la France, viennent rappeler que le virus circule activement chez les sangliers sauvages. Si cette infection virale touche principalement les porcs et les suidés sauvages, elle est presque toujours fatale chez le chien. Invisible pour le grand public, mais bien connue des vétérinaires et des fédérations de chasse, cette maladie pose une question centrale : la France est-elle suffisamment préparée face à la circulation persistante du virus dans la faune sauvage ?
Une maladie virale redoutable pour les chiens
La maladie d’Aujeszky est provoquée par le Suid herpesvirus 1, un virus de la famille des Herpesviridae. Chez le porc ou le sanglier, ses hôtes naturels, l’infection peut être discrète. En revanche, chez les carnivores domestiques comme le chien, l’évolution est fulgurante et quasi systématiquement mortelle. Après une incubation de 2 à 6 jours, les symptômes apparaissent brutalement, troubles neurologiques sévères, salivation excessive, démangeaisons intenses (souvent localisées au point de contamination), automutilation, désorientation, puis décès rapide… C’est d’ailleurs la similitude des symptômes avec la rage qui lui vaut son surnom de « pseudo-rage ». La maladie n’est pas transmissible à l’Homme, mais pour le chien, La contamination survient principalement, lors d’un contact direct avec un sanglier infecté (morsure, sang, viscères), par ingestion de viande ou d’abats crus contaminés, ou via du matériel ou un sol souillé.
Cas récents en France : une circulation active du virus
Les derniers signalements confirment une présence persistante du virus sur le territoire. Début 2026, plusieurs décès ont été confirmés, en Essonne (forêt de Lardy), un chien de chasse contaminé après avoir mordu un sanglier blessé lors d’une battue. Dans le Vaucluse (Sérignan-du-Comtat), décès confirmé par analyse vétérinaire. En Côte-d’Or et Haute-Saône, deux chiens morts fin décembre après contact avec des sangliers porteurs. Ces cas s’ajoutent aux alertes recensées fin 2024 et en 2025 dans le Sud-Ouest (Ariège, Aude), le Centre et le Massif central (Creuse, Cantal, Haute-Loire, Loire, Meuse, Dordogne…), où la circulation du virus chez les sangliers est attestée. Les fédérations départementales de chasse ne constatent malheureusement pas de diminution des cas. Chaque saison de chasse apporte son lot de décès… La situation rappelle que, même si les élevages porcins français sont globalement bien surveillés, la faune sauvage constitue un réservoir viral durable.
Vaccins, recherche et prévention : où en est-on vraiment ?
Il existe des vaccins homologués pour les porcs domestiques, utilisés en élevage afin de limiter la propagation et d’éviter les foyers nécessitant l’abattage du cheptel. Malheureusement, aucun vaccin n’est officiellement autorisé pour les chiens. Certains vétérinaires peuvent, sous conditions strictes, utiliser un vaccin porcin en dehors de son autorisation de mise sur le marché (AMM), notamment lors de campagnes groupées pour des meutes de chasse. Cependant, l’efficacité n’est pas garantie à 100 %, des rappels réguliers sont nécessaires et la vaccination doit être effectuée avant toute exposition.
Des recherches encore limitées
À ce jour, il n’existe aussi aucun traitement curatif une fois l’infection déclarée chez le chien.
Les travaux scientifiques se concentrent actuellement principalement sur, l’amélioration des outils diagnostiques, la surveillance épidémiologique des sangliers et l’optimisation des vaccins porcins existants. Aucun vaccin spécifiquement conçu pour les chiens ne semble malheureusement proche d’une homologation.