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Willy Schraen : « Sandrine Rousseau est complètement folle »

SO CHASSE 15 septembre 2026

« La sécurité à la chasse, c’est la priorité »

En ce dimanche d’ouverture, Willy Schraen a commencé par adresser un message très clair aux chasseurs qui reprenaient le chemin des bois et des plaines. « Les chasseurs doivent être prudents dans l’exercice de la chasse. La sécurité est quelque chose d’essentiel. Il faut absolument se protéger entre nous, mais surtout protéger aussi les autres usagers de la nature. ». Interrogé sur l’inquiétude que peut susciter chez certains promeneurs la présence de chasseurs en forêt, le président de la FNC a rappelé la diminution considérable des accidents mortels au cours des dernières décennies. « Il y a une cinquantaine d’années, il y avait à peu près une cinquantaine de personnes qui étaient tuées à la chasse par an. Maintenant, on discute sur un nombre qui est souvent inférieur à cinq personnes. C’est toujours cinq de trop, mais les chasseurs ont fait un travail extraordinaire. ». Le dernier bilan de l’Office français de la biodiversité lui donne d’ailleurs raison sur ce point : quatre accidents mortels ont été recensés durant la saison 2025-2026, le chiffre le plus faible jamais enregistré. Pour Willy Schraen, l’objectif ne change pas : « On tendra vers le zéro accident, bien évidemment. »

Incendies : « Quand on ne peut pas chasser, on ne chasse pas »

Autre sujet sensible de cette rentrée cynégétique : les conséquences des incendies et de la sécheresse sur la faune sauvage. Alors que plusieurs associations ont réclamé ces dernières semaines des suspensions ou reports de la chasse dans les secteurs touchés, Willy Schraen défend une gestion locale et pragmatique. Selon lui, lorsque les conditions l’exigent, les chasseurs savent parfaitement renoncer à pratiquer. « Quand on ne peut pas les chasser, on ne les chasse pas et on attendra que ça aille. ». Le président de la FNC rappelle également la mobilisation des chasseurs durant les incendies. Présents sur le terrain aux côtés des agriculteurs, forestiers, pompiers et forces de l’ordre, nombre d’entre eux ont participé à la logistique, au ravitaillement ou à l’accompagnement des secours. « Nous, on ne donne pas de leçons, on essaie d’agir, c’est toute la différence », a-t-il lancé.

« On tue des animaux et on les mange »

Interrogé ensuite sur l’emploi fréquent du terme « prélever » par le monde cynégétique, Willy Schraen n’a pas cherché à contourner la question. « Ce n’est pas du tout mon genre, je dis tuer un animal. ». Et de poursuivre avec son franc-parler habituel : « Bien sûr qu’on tue des animaux, on tue et on les mange, donc il n’y a aucun problème. Il n’y a même pas de discussion à avoir autour de ça. ». Pour le président des chasseurs, cette réalité ne signifie pas pour autant que les prélèvements s’effectuent sans règles. Il rappelle que de nombreuses espèces de grand gibier sont soumises à des plans de chasse et que le nombre d’animaux pouvant être prélevés est encadré. Une donnée qu’il met notamment en avant pour répondre aux demandes de fermeture généralisée de la chasse autour des zones incendiées.

Sandrine Rousseau : « Je dis qu’elle est complètement folle »

Mais le passage le plus musclé de l’entretien concerne sans surprise Sandrine Rousseau. Fin août, lors de l’UniREVcité organisée par le mouvement d’Aymeric Caron, la députée écologiste avait appelé ses soutiens à se rendre dans les forêts et les campagnes au moment de l’ouverture de la chasse et à se tenir « debout, face à eux, physiquement » devant les chasseurs. Ces déclarations ont depuis provoqué plusieurs réactions judiciaires et des plaintes du monde cynégétique. Interrogé par Jean-François Achilli sur ce qu’il souhaitait lui répondre, Willy Schraen n’a pas pris de précautions oratoires : « Qu’elle est complètement folle. Je dis qu’elle est complètement folle. ». Pour le patron de la FNC, la responsabilité particulière d’une parlementaire rend ces paroles encore plus graves. « Quand on est parlementaire et qu’on dit des choses comme ça, la portée de ses propos est terrible. Aller dire à des gens : vous allez vous opposer physiquement à d’autres, c’est quand même un truc incroyable. ». Il redoute surtout que certains militants prennent ces appels au pied de la lettre. Selon Willy Schraen, le climat se serait déjà fortement dégradé depuis les déclarations de la députée : « Il y a une montée de la violence vis-à-vis des chasseurs sur les téléphones qu’on n’a jamais connue. »

« On est à deux doigts de l’explosion »

Jean-François Achilli lui demande alors si des affrontements physiques ont déjà eu lieu sur le terrain. Willy Schraen nuance : « Il y en a eu… Enfin, il y a failli en avoir, on va dire, parce que les chasseurs se sont demandé de ne pas le faire. Donc ça a été limité au dernier moment. ». Le président de la FNC se montre néanmoins particulièrement inquiet des conséquences que pourrait avoir une confrontation impliquant des personnes armées parce qu’elles sont en action de chasse. « On a un vrai problème avec ça, et on sent qu’on est à deux doigts de l’explosion. ». Son message aux chasseurs est donc sans ambiguïté : ne pas répondre aux provocations. « Je dis aux chasseurs : surtout ne répondez pas. C’est dur de ne pas répondre. Dans une période aussi violente que nous connaissons aujourd’hui dans notre société, il ne faut pas répondre. ». Une mise en garde qui prend une résonance particulière quelques semaines seulement après les propos de Sandrine Rousseau.

La chasse assumée comme un lobby

L’entretien a ensuite pris une tournure nettement politique à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. À la question de savoir si le monde de la chasse constitue aujourd’hui un lobby, Willy Schraen assume pleinement le terme. « Bien sûr, tout est lobby. Si le fait de défendre ce qu’on aime à travers le monde politique et l’influence qu’on peut avoir là-dessus, tout est lobby. Et la chasse en est un comme les autres. ». Les candidats à l’Élysée seront ainsi invités à venir présenter leurs positions devant les chasseurs lors du prochain congrès national de la FNC, prévu à la mi-mars. Mais pas tous. Willy Schraen prévient notamment qu’il n’entend pas offrir une tribune à Jean-Luc Mélenchon, dont il estime les positions incompatibles avec la pratique de la chasse. Il envisage la même décision concernant Marine Tondelier si celle-ci maintient une ligne qu’il juge hostile au monde cynégétique. « J’inviterai des gens posés, républicains, avec qui on peut discuter », résume-t-il.

Une présidentielle que Schraen annonce « brutale »

À huit mois de la présidentielle, Willy Schraen estime enfin que la fracture entre une partie de la France rurale et certains courants politiques a atteint un niveau rarement observé. À propos de Sandrine Rousseau et de ses électeurs, il parle même d’un « océan » séparant désormais deux visions de la société. Le président de la FNC prévoit ainsi une campagne présidentielle particulièrement tendue, dans laquelle les questions d’identité, de traditions et de transmission devraient, selon lui, prendre une place majeure. « Est-ce qu’on va pouvoir transmettre à nos enfants ce qu’on a reçu de nos parents ? Est-ce que notre mode de vie est aujourd’hui en danger ? Est-ce que nos héritages sont perdus ou définitivement perdus ? ». Une chose est certaine : à en croire Willy Schraen, les chasseurs n’entendent pas rester spectateurs de cette campagne. « Évidemment qu’on va être là. Évidemment qu’on va discuter et prévoir l’avenir. ». Et le président de la FNC promet déjà que le monde cynégétique sera « très, très présent » dans les mois qui viennent.