{"id":862,"date":"2026-10-07T19:05:38","date_gmt":"2026-10-07T17:05:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ancgg.org\/ad17\/?p=862"},"modified":"2026-10-07T19:05:38","modified_gmt":"2026-10-07T17:05:38","slug":"sangliers-peut-on-refuser-la-chasse-et-faire-payer-les-chasseurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ancgg.org\/ad17\/sangliers-peut-on-refuser-la-chasse-et-faire-payer-les-chasseurs\/","title":{"rendered":"Sangliers : peut-on refuser la chasse et faire payer les chasseurs ?"},"content":{"rendered":"
SO CHASSE 29 septembre 2026<\/p>\n
\u00c0 Caulnes, dans les C\u00f4tes-d\u2019Armor, les chasseurs tirent la sonnette d\u2019alarme face \u00e0 une population de sangliers devenue trop importante. Leur pr\u00e9sident pointe notamment l\u2019existence de zones refuges o\u00f9 les animaux peuvent se reproduire avant d\u2019occasionner des d\u00e9g\u00e2ts sur les territoires voisins. Mais derri\u00e8re le cas breton se pose une question autrement plus large : est-il normal que les chasseurs continuent \u00e0 supporter financi\u00e8rement les d\u00e9g\u00e2ts lorsque certains propri\u00e9taires refusent pr\u00e9cis\u00e9ment qu\u2019ils interviennent sur leurs terres ?<\/strong><\/p>\n R\u00e9unis en assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale le dimanche 13 septembre, les membres de la soci\u00e9t\u00e9 de chasse de Caulnes ont fait le bilan de la saison \u00e9coul\u00e9e. Et un sujet domine largement les discussions : le sanglier<\/a>. Pas moins de 36 animaux ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9lev\u00e9s sur le territoire au cours de la derni\u00e8re saison. Malgr\u00e9 ces pr\u00e9l\u00e8vements, leur nombre reste suffisamment important pour provoquer des d\u00e9g\u00e2ts et peser de plus en plus lourd sur les finances de la soci\u00e9t\u00e9 de chasse. Son pr\u00e9sident, Janick Duffros, r\u00e9sume la situation sans d\u00e9tour : \u00ab Il y a trop de sangliers et la soci\u00e9t\u00e9 est tax\u00e9e davantage pour compenser les d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par les sangliers.<\/em> \u00bb. Jusque-l\u00e0, rien de tr\u00e8s inhabituel. Les chasseurs connaissent parfaitement le syst\u00e8me : lorsque les d\u00e9g\u00e2ts augmentent, la facture finit t\u00f4t ou tard par se r\u00e9percuter sur les territoires et leurs adh\u00e9rents. Mais la suite de son constat soul\u00e8ve une question beaucoup plus embarrassante.<\/p>\n Janick Duffros poursuit : \u00ab On a des propri\u00e9taires qui refusent que l\u2019on chasse sur leurs terres mais on doit quand m\u00eame payer les d\u00e9g\u00e2ts.<\/em> \u00bb. Voil\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9ment o\u00f9 le b\u00e2t blesse. La chasse du sanglier n\u2019est pas une science exacte. On peut multiplier les battues et les pr\u00e9l\u00e8vements sur un territoire, mais un sanglier ne conna\u00eet \u00e9videmment ni les limites cadastrales ni celles d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 de chasse. Lorsqu\u2019une propri\u00e9t\u00e9 importante devient inaccessible aux chasseurs, les animaux peuvent y trouver tranquillit\u00e9, nourriture et couvert. Ils en sortent ensuite pour aller se nourrir dans les cultures voisines avant, \u00e9ventuellement, de regagner leur refuge. Et la facture des d\u00e9g\u00e2ts, elle, ne reste pas n\u00e9cessairement dans la zone o\u00f9 les sangliers ont pass\u00e9 leurs journ\u00e9es.<\/p>\n C\u2019est exactement ce que d\u00e9nonce le pr\u00e9sident des chasseurs de Caulnes. \u00ab Il y a des zones refuges o\u00f9 les sangliers se reproduisent en toute libert\u00e9. Cela pose probl\u00e8me car ils vont causer des d\u00e9g\u00e2ts ailleurs.<\/em> \u00bb. Le ph\u00e9nom\u00e8ne est loin d\u2019\u00eatre une invention des chasseurs bretons. Des travaux officiels consacr\u00e9s aux territoires non chass\u00e9s ont d\u00e9j\u00e0 identifi\u00e9 diff\u00e9rentes cat\u00e9gories de zones susceptibles d\u2019\u00e9chapper \u00e0 la pression cyn\u00e9g\u00e9tique : propri\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es o\u00f9 le droit de chasse n\u2019est pas exerc\u00e9, zones p\u00e9riurbaines, infrastructures, r\u00e9serves ou encore espaces o\u00f9 la chasse est volontairement exclue. Toutes ne jouent \u00e9videmment pas le m\u00eame r\u00f4le et une zone non chass\u00e9e ne devient pas automatiquement un \u00e9levage \u00e0 sangliers. Mais lorsqu\u2019un secteur offre plusieurs dizaines ou centaines d\u2019hectares de tranquillit\u00e9 au milieu de territoires o\u00f9 la population de suid\u00e9s est d\u00e9j\u00e0 importante, la question de son influence sur la r\u00e9gulation ne peut pas \u00eatre balay\u00e9e d\u2019un revers de main.<\/p>\n Le paradoxe tient au financement m\u00eame des d\u00e9g\u00e2ts de grand gibier. En France, ce sont les f\u00e9d\u00e9rations d\u00e9partementales des chasseurs qui prennent en charge les d\u00e9penses li\u00e9es \u00e0 leur indemnisation et \u00e0 leur pr\u00e9vention. Elles r\u00e9percutent ensuite cette charge sur les chasseurs et les territoires de chasse selon diff\u00e9rentes modalit\u00e9s. Autrement dit, plus les d\u00e9g\u00e2ts augmentent, plus ceux qui chassent et participent \u00e0 la r\u00e9gulation peuvent \u00eatre amen\u00e9s \u00e0 payer. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce que d\u00e9nonce la soci\u00e9t\u00e9 de Caulnes : ses chasseurs pr\u00e9l\u00e8vent des sangliers, consacrent du temps \u00e0 leur r\u00e9gulation et voient n\u00e9anmoins leurs contributions augmenter, alors que certains secteurs restent ferm\u00e9s \u00e0 leur intervention. La question m\u00e9rite donc d\u2019\u00eatre pos\u00e9e : peut-on demander toujours davantage aux chasseurs tout en leur interdisant, sur certains territoires, d\u2019agir sur la cause m\u00eame des d\u00e9g\u00e2ts ?<\/p>\n Un propri\u00e9taire dispose de droits sur son terrain et nul ne conteste qu\u2019il puisse avoir ses propres convictions concernant la chasse. Mais la pr\u00e9sence d\u2019animaux sauvages ne s\u2019arr\u00eate pas \u00e0 sa cl\u00f4ture, lorsqu\u2019il en existe une. C\u2019est l\u00e0 que les int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s rencontrent une probl\u00e9matique collective. Si un terrain devient durablement un refuge pour des sangliers qui causent ensuite des dommages agricoles \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, la question de la responsabilit\u00e9 financi\u00e8re ne peut \u00eatre totalement dissoci\u00e9e de celle de la r\u00e9gulation. Des rapports publics ont d\u2019ailleurs d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9 cette difficult\u00e9 et envisag\u00e9 une meilleure responsabilisation des territoires non chass\u00e9s dans le financement des d\u00e9g\u00e2ts. Le d\u00e9bat n\u2019est donc ni nouveau ni th\u00e9orique.<\/p>\n Le bilan de Caulnes montre par ailleurs que les chasseurs ne cherchent pas simplement \u00e0 multiplier les pr\u00e9l\u00e8vements. En raison de la s\u00e9cheresse, l\u2019association a d\u00e9cid\u00e9 de ne pas atteindre les quotas autoris\u00e9s pour deux autres esp\u00e8ces. Sur les 18 li\u00e8vres et 15 chevreuils qui pourraient \u00eatre pr\u00e9lev\u00e9s, les chasseurs ont choisi d\u2019en laisser davantage sur le territoire afin de favoriser leur reproduction. Une d\u00e9cision qui illustre bien la diff\u00e9rence entre gestion et simple pr\u00e9l\u00e8vement. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, une esp\u00e8ce devenue trop abondante, le sanglier, doit \u00eatre davantage r\u00e9gul\u00e9e pour limiter les d\u00e9g\u00e2ts. De l\u2019autre, lorsque les conditions sont moins favorables au li\u00e8vre ou au chevreuil<\/a>, les chasseurs r\u00e9duisent volontairement leurs tableaux.<\/p>\n Le cas de Caulnes r\u00e9sume finalement l\u2019une des difficult\u00e9s majeures de la gestion actuelle du sanglier. Les chasseurs sont somm\u00e9s de pr\u00e9lever davantage. Les f\u00e9d\u00e9rations doivent contenir une facture de d\u00e9g\u00e2ts consid\u00e9rable. Les agriculteurs veulent l\u00e9gitimement prot\u00e9ger leurs cultures. Mais parall\u00e8lement subsistent des secteurs sur lesquels toute intervention cyn\u00e9g\u00e9tique est impossible ou refus\u00e9e. On ne peut pas pr\u00e9tendre g\u00e9rer efficacement une population animale extr\u00eamement mobile en raisonnant comme si chaque parcelle constituait un territoire herm\u00e9tique. Les propri\u00e9taires restent libres de leurs choix. Mais lorsque ces choix ont des cons\u00e9quences sur les terres voisines et sur ceux qui financent la r\u00e9paration des d\u00e9g\u00e2ts, il est l\u00e9gitime que la question de leur participation \u00e0 l\u2019effort collectif soit pos\u00e9e. \u00c0 Caulnes, avec 36 sangliers pr\u00e9lev\u00e9s, les chasseurs ont fait ce qu\u2019ils ont pu de leur part du travail. Leur constat est simple : pour contenir r\u00e9ellement les populations, encore faut-il pouvoir intervenir l\u00e0 o\u00f9 les animaux trouvent refuge<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" SO CHASSE 29 septembre 2026 \u00c0 Caulnes, dans les C\u00f4tes-d\u2019Armor, les chasseurs tirent la sonnette d\u2019alarme face \u00e0 une population de sangliers devenue trop importante. Leur pr\u00e9sident pointe notamment l\u2019existence de zones refuges o\u00f9 les animaux peuvent se reproduire avant d\u2019occasionner des d\u00e9g\u00e2ts sur les territoires voisins. 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Des propri\u00e9taires refusent la chasse<\/strong><\/h2>\n
Le probl\u00e8me des zones refuges<\/strong><\/h2>\n
Ceux qui chassent paient<\/strong><\/h2>\n
Refuser la chasse est un droit, mais avec quelles cons\u00e9quences ?<\/strong><\/h2>\n
Moins de li\u00e8vres et de chevreuils<\/strong><\/h2>\n
La r\u00e9gulation ne peut pas s\u2019arr\u00eater aux limites cadastrales<\/strong><\/h2>\n