Association Bas-Rhinoise des Chasseurs de Grand Gibier



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Faune, habitats, chasse


Compte-rendu de l'Observatoire faune-flore

Voila le dernier compte rentdu de l'Observatoire faune-flore etabli au mois de fevrier 2009 au format pdf

Conférence sur le chevreuil par DANIEL DELORME - Intervention du 8 février 2008 lors de l'Assemblée Générale annuelle de l'ABRCGG

Comme vous avez pu le lire dans le Ragot n°20, nous mettons à votre disposition l'exposé de Daniel Delorme sur le chevreuil.





Compte-rendu de l'Observatoire faune-flore

Sans vouloir faire un historique de « l’Observatoire faune-flore », il faut savoir que ce dernier a été initié en 2000 suite à une convention passée par le Service de la forêt, du bois et de la chasse de la Direction Régionale de l’Agriculture et de la forêt Alsace et la Direction Territoriale de l’Office National des forêts afin de mettre en place des outils de gestion pertinents (c’est à dire, si possible reconnus par tous et donc incontestés) des populations sauvages de cervidés sur la Région Alsace et par ailleurs l’application d’une méthode d’inventaire des dégâts sur des peuplements susceptibles d’être abroutis, frottés ou écorcés par le cerf ou le chevreuil suite à la tempête de 1999 qui a permis une régénération naturelle dont une grande partie n’a pas été en grillagée.

La réflexion s’est portée sur le choix et la définition d’un certain nombre de massifs jugés comme représentatifs des forêts alsaciennes et de bio indicateurs pour quantifier l’évolution dans le temps des populations et de leurs interactions avec le milieu.
Les massifs ont été divisés en deux catégories selon que l’espèce cerf ou l’espèce chevreuil soit prépondérante.
Au total, sept massifs ont été retenus pour l’ensemble de la région Alsace à savoir pour le Bas-Rhin : le massif de Haguenau pour l’espèce chevreuil, les massifs des Vosges du Nord, groupes sectoriels 1 et 2, de la Petite Pierre, du Hohwald et du Val de Villé pour l’espèce cerf sur lesquels s’effectueront des comptages annuels de l’ordre de 3 à 4 fois par secteur.
Les indicateurs retenus sont l’Indice Kilométrique d’Abondance (IKA), l’indice phare ou Indice Nocturne d’Abondance (INA), l’indice de pression sur la flore (IPF), cet indice de dégâts sur les peuplements susceptibles d’être abroutis ou écorcés sera effectué tous les 3 ans et, dernier indice, le poids des faons selon un même protocole d’éviscération et des pesons de modèle identique.
Il faut souligner que la validité du diagnostic repose en grande partie sur la bonne connaissance des prélèvements réels (par la chasse, mais aussi, le cas échéant, par des causes accidentelles ou la prédation).
L’adhésion des chasseurs à ce dispositif est donc fondamentale et j’incite vivement les adjudicataires de chasses et leurs partenaires des secteurs déterminés à participer aux comptages qui ont lieu (pour les groupes sectoriel 1 et 2 des Vosges du Nord les jeudis 15 et 22 mars et 12 et 19 avril 2007) avant que la végétation ne reprenne ses droits.
Pour la campagne 2006-2007, nous avons constaté sur le groupe sectoriel 1 et 2 des Vosges du Nord (c’est à dire Ingwiller, La Petite Pierre, Niederbronn) une forte augmentation des prélèvements jusqu’en 2003, puis une stabilisation à un niveau légèrement inférieur (en 2000 ont été prélevés 105 animaux, en 2006 nous sommes passés à 160).
Quant aux dégâts forestiers, d’après les agents de l’ONF, ils sembleraient être en légère augmentation pour l’abroutissement, notamment sur le hêtre et le sapin pectiné et en légère régression pour les frottis et l’écorçage.
Selon les mêmes sources, pour le massif du Hohwald, groupe sectoriel n°5, l’indice phare reste relativement stable bien que les prélèvements soient plus nombreux par rapport à 2003. Nous sommes passés de 250 à 300 animaux en 2006, ce qui devrait stabiliser la population.
Pour le Val de Villé, groupe sectoriel n°6, les agents ONF constatent des abroutissements sur les essences sapin, hêtre et chêne et des frottis localement sur les douglas et les épicéas.
Parallèlement les indices phare ont été poursuivis dans le massif du Donon auquel j’ai participé.
Pour l’espèce chevreuil dans le massif de Haguenau, l’Indice Kilométrique d’Abondance ne permet pas de tirer des conclusions en raison des mauvaises conditions météo lors du comptage.
Toutefois on constate une forte augmentation de l’abroutissement sur le chêne et le pin sylvestre, ce qui s’accompagne d’une forte régression des fréquences de ces deux essences. Ce site est à surveiller très particulièrement pour mieux atteindre l’équilibre faune-flore.
Pour conclure sur cette enquête, on constate une évolution dans la composition des régénérations du massif vosgien. Une augmentation des peuplements dégradables sapin pectiné et hêtre au détriment du douglas et de l’épicéa, ce qui peut conduire à des dégâts d’abroutissement plus élevés vu l’appétence de ces essences autochtones.
Il conviendra de tirer les conclusions de ces résultats pour déployer des plans de chasse fixés au niveau du massif en fonction d’un objectif d’évolution de la population pour permettre un retour ou un maintien de l’équilibre forêt-gibier. Ces mesures à mettre en œuvre au niveau des prélèvements réalisés à la chasse, devront s’accompagner de mesures de gestion sylvicoles adaptées aux populations de cervidés et permettant d’améliorer la capacité d’accueil du milieu forestier.


En décembre 2006, nous nous sommes réunis avec pour ordre du jour :
- la présentation de l’ensemble des mesures et des résultats des bio indicateurs mis en place dans ce cadre de l’Observatoire
- la présentation et validation du document de ???
- la poursuite des relevés 2007

Voilà pour la théorie, il en est tout autre pour la pratique.
Malgré toutes ces informations recueillies selon les critères définis ci-dessus, nous n’avons pu valider ce travail bien que les résultats et les tendances qui en découlent soient évidents.
En effet, le Président de la Fédération des Chasseurs du Bas-Rhin a sollicité un complément d’information et de données concernant un paramètre (celui des faons) car M. Lang a contesté les indices retenus sous prétexte de critères non validés.
Il a demandé à rencontrer à titre personnel le technicien ONF qui a élaboré tout cet excellent travail pour reprendre chaque donnée et les corriger selon ses critères propres. Mais M. Lang pourrait peut-être en quelques mots nous rendre compte de cette entrevue qui devait avoir lieu dans la quinzaine qui a suivi la réunion.
Quoi qu’il en soit, il me paraît important d’aboutir à un résultat concret car ce serait mettre en danger le devenir de la chasse alsacienne alors même que la Direction Régionale et Départementale de l’Agriculture, la Direction Régionale de l’Office National des Forêts et l’Office National de la Chasse et de la faune sauvage reconnaissent à notre association son sérieux, ses connaissances et sa compétence pour participer à de tels travaux et bien sûr, d’y apporter un maximum de suivi pour défendre les intérêts de la chasse et des chasseurs dans le droit fil de l’esprit de notre charte.
M. Lang, vous avez la parole si vous le souhaitez !

Christian GROS


La brisée et le tableau en Alsace

Notre démarche commune dans le cadre de notre charte éthique de chasseur de grand gibier, nous incite à un profond respect du gibier. Après avoir vécu des aberrations au courant des battues de cet hiver, je voudrais vous faire partager (une nouvelle fois) des extraits de l’excellent article paru en mars 1999 dans la Chasse en Alsace. Certains pourraient profondément s’en inspirer…

La brisée est une des traditions les plus importantes dans notre région, elle marque respect et déférence au gibier prélevé. Donnée à l’animal tué, elle est la marque symbolique de la dernière nourriture. Seuls les gibiers mâles à sabots sont honorés de cette brisée.
A la fin des battues, au moment du tableau de chasse, l’organisateur remet en guise de félicitation au tireur une autre brisée légèrement trempée de sang du gibier. La brisée est alors présentée sur le chapeau ou sur la lame du couteau de celui qui l’offre en prononçant le « Weidmannsheil ».
Le tireur prend la brisée de la main gauche et remercie avec l’expression « Waidmannsdank » et la fixe sur son propre chapeau sur le côté droit.
En chasse individuelle c’est le chasseur ou le garde qui rencontre en premier le tireur qui lui décerne la brisée, mais en aucun cas le tireur ne s’offre lui même une brisée.
Je vous invite également à respecter les conducteurs et leurs chiens de sang, dans le cadre d’une recherche en retournant une brisée au chien qui à bien travaillé.
Plus rare, lors de la mise au tombeau d’un chasseur une brisée peut être jetée dans la tombe, en guise d’hommage, (de la main gauche !) après l’avoir portée au cœur.
Pour finir, le tableau. Combien de tableau se font dans la boue ou sur d’autres supports indignes ? Un lit de branches ou de sapin est-il long à préparer ?
Manipuler une pièce de gibier du bout de la semelle est indigne et choquant. Si un détail du tir ou de la morphologie de l’animal intrigue, quoi de plus noble et respectueux que de le manipuler avec les mains. Le tableau disposé, enjamber celui-ci équivaut à déshonorer le gibier, ne parlons pas des « Tartarins » qui s’asseyent sur une pièce pour des besoins narcissiques le temps d’une photo.
La plus petite des poussées ou la plus grande des battues devrait se conformer à ces règles, sans quoi, nos traditions seront, une fois de plus, dénaturées.


J.WUNSCHEL


Gestion des "bords de champs": la démarche du G.G.C. Sauer-Moder

Faisant suite à notre soirée portant sur les nouvelles réformes de la PAC (organisée le vendredi, 25 février 2005 à la Chambre d’Agriculture du Bas-Rhin à Schiltigheim), notre membre et ami Jean-Luc Ries nous fait part de sa démarche :

"Les réformes de la nouvelle P.A.C. sont un véritable atout pour la chasse, mais encore faut-il bien en comprendre les différentes implications légales. Les possibilités sont en effet nombreuses et il s’agit en fait d’intensifier les dispositions déjà existantes, notamment celles concernant les jachères environnementales ou « faune sauvage ». En tant que vice président du G.G.C. Sauer-Moder je souhaite désormais en faire mon cheval de bataille. Profitant de la structure des groupements de gestion cynégétique, je voudrais promouvoir la gestion des bords de champs cultivés en proposant des solutions simples à mettre en œuvre afin d’en permettre l’utilisation par le plus grand nombre.
Mais qu’est-ce qu’un bord de champ ? Il s’agit en fait d’une zone non cultivée séparant un espace agricole semé de celui occupée par une haie, un bosquet, un massif boisé ou même un cours d’eau. Une telle localisation est bénéfique aux productions agricoles (en luttant contre l’érosion, en constituant une réserve de lombrics ou en pérennisant les auxiliaires) et contribue au maintien de la qualité de l’environnement direct (réduction des pollutions diffuses, augmentation de la diversité et de l’abondance de la faune et de la flore) et ce, sans aucun impact négatif sur les rendements …
La petite faune de plaine a quasiment disparu du paysage alsacien et les tableaux de chasse de nos grands-pères font désormais partie de nos souvenirs. Si nous ne retrouverons probablement jamais les mêmes densités d’espèces petit gibier, les aménagements envisageables dès aujourd’hui sauront peut-être déclencher une prise de conscience qui permettra d’espérer sinon un retour, du moins une certaine amélioration, de l’état de nos populations de faisans et de lièvres. L’avenir de nos futures générations de chasseurs de plaine en dépend.Quelles sont les grandes lignes des « Réformes de la PAC » susceptibles d’intéresser les chasseurs ?
. Les bandes enherbées : l’obligation porte sur la mise en place d’une surface en couvert environnemental équivalente à 3% de la surface aidée. Priorité est donné aux bordures de cours d’eau et la largeur minimale des bandes doit se situer entre 5 et 10 mètres. La bande enherbée peut être déclarée en gel à condition de respecter une surface minimale de 5 ares et une largeur de 5 mètres et dans ce cas, aucun traitement phytosanitaire ni fertilisant n’est autorisé. Enfin, concernant les prairies, pâture et fauche sont toujours possibles..
.Diversité de l’assolement : un minimum de deux familles de cultures différentes se doivent d’être constatées et la culture la moins représentée doit couvrir au moins 5% des surfaces concernées. Prairies permanentes, non brûlage des pailles, sont des mesures à considérer également, mais dans un second temps seulement.Trop de sangliers ou trop de dégâts ?
Etant également Lieutenant de Louveterie dans les secteurs de Seltz et Lauterbourg, j'interviens sur des espaces géographiques présentant plusieurs points chauds en terme de dégâts de sangliers. On y trouve la réserve naturelle du delta de la Sauer (500 hectares) d’une part, et la forêt allemande du « Bienwald » (15 000 hectares) d’autre part. La gestion du sanglier y est difficile et de ce fait les populations relativement importantes. C’est dans ce cas précis que l’idée de la gestion des bords champ prend tout son sens. Hormis leur impact environnemental positif, il s’agit cette fois-ci de mettre à profit les bandes enherbée dans le but d’aménager les sorties de forêt et de permettre aux chasseurs de prélever des animaux avant qu’ils ne pénètrent dans la maïsiculture. Des clôtures électriques peuvent le cas échéant compléter le dispositif, et grâce à la bande enherbée, leur entretien en est grandement facilité et devient donc d’une efficacité redoutable. De plus, la réserve de lombrics ainsi constituée sera autant utile au repeuplement des parcelles qu’aux sangliers qui viendront vermiller à leur aise et seront moins tenté de divaguer sur d’autres espaces pour causer les dégâts que l’on connaît … Combinée à un agrainage linéaire en forêt durant les périodes de semis, la démarche permet d’occuper les sangliers une bonne partie de la nuit et rend possible les tirs de dissuasion dès lors que ces derniers tentent de s’approcher de la plaine (l’objectif n’étant pas de faire de « tableaux » mais principalement de cantonner les bêtes noires en forêt).
Ainsi à la question « Trop de sangliers ou trop de dégâts ? », ont peut répondre que dans bien des secteurs, il est vrai qu’il faudra encore redoubler d’efforts pour réduire les densités de sangliers trop importantes, mais ont peut surtout ajouter que l’aménagement bien réfléchi d’un territoire peut sensiblement réduire la facture des dégâts et ramener à un niveau acceptable le niveau des populations. Agriculteurs et chasseurs doivent donc renouer le dialogue, se concerter, définir en commun certaines règles indispensables et avant tout … s’y tenir."

14 août 2005