Publié le 24 juillet 2026
par Association des Chasseurs de Grand Gibier de Charente Maritime
Alors que la chasse du brocard en tir d’été bat son plein dans de nombreux départements français et que les premiers signes du rut annoncent l’un des moments les plus passionnants de la saison pour les chasseurs de grand gibier, une vaste étude scientifique vient rappeler une réalité essentielle, car chaque animal prélevé peut aussi devenir une source précieuse de connaissance. Depuis plusieurs mois, Marc Colyn, à travers la structure L’Odyssée du Cerf, mène un travail inédit pour constituer le premier référentiel national consacré à l’âge des chevreuils à partir de l’étude de leur dentition. Un programme d’ampleur auquel participe activement l’Association Nationale des Chasseurs de Grand Gibier (ANCGG) et qui mobilise progressivement un véritable réseau de chasseurs, de gestionnaires de territoires et de partenaires cynégétiques partout en France. Derrière chaque mandibule collectée, c’est une nouvelle donnée scientifique qui vient enrichir la connaissance d’une espèce emblématique de nos territoires.
Une ambition nationale : créer une référence fiable sur l’âge du chevreuil
L’évaluation de l’âge des chevreuils constitue depuis longtemps une question centrale pour les gestionnaires de populations. Jusqu’à présent, les chasseurs disposaient principalement d’observations basées sur la morphologie générale de l’animal, l’état du trophée ou encore l’usure apparente des dents. Des critères utiles, mais qui peuvent manquer de précision selon les milieux, les conditions alimentaires ou les caractéristiques propres aux populations. L’objectif du programme lancé par Marc Colyn est donc de franchir une nouvelle étape et établir un référentiel national permettant de relier précisément l’état de la dentition à l’âge réel des animaux. Pour y parvenir, l’étude repose sur une collecte massive de mandibules inférieures de chevreuils mâles et femelles âgés d’un an et plus. Le protocole prévoit un échantillonnage représentatif à l’échelle nationale afin de prendre en compte la diversité des territoires français, que ce soit des plaines agricoles, des massifs forestiers, des bocages ou zones de montagne. La saison cynégétique 2025-2026 aura ainsi déjà constitué une étape majeure avec la mobilisation d’une centaine de participants répartis dans plusieurs dizaines de départements.
Plus de 1 700 mandibules collectées grâce à la mobilisation des chasseurs
La réussite de cette étude repose avant tout sur un formidable travail collectif. Chasseurs, responsables de territoires et associations cynégétiques ont répondu présents pour collecter, identifier et conserver les échantillons selon un protocole précis. Les résultats dépassent aujourd’hui les premiers objectifs annoncés avec plus de 1 700 paires de mandibules qui ont été conditionnées et enregistrées. Les premiers lots provenant notamment des Hauts-de-France et de Normandie ont permis d’engager les analyses dans des laboratoires spécialisés. Chaque échantillon est accompagné de données indispensables avec la date du prélèvement, le sexe de l’animal et la localisation du territoire. Cette traçabilité permettra demain de comparer les résultats selon les régions et d’étudier l’influence des différents habitats sur le vieillissement dentaire des chevreuils. Au-delà des chiffres, cette collecte illustre une nouvelle fois le rôle des chasseurs comme observateurs privilégiés de la faune sauvage et acteurs de la recherche appliquée.
L’ANCGG et les fédérations départementales, partenaires d’une meilleure gestion du chevreuil
L’ANCGG occupe une place centrale dans cette démarche en accompagnant la diffusion du protocole auprès de son réseau national de chasseurs de grand gibier. Par ses publications, notamment dans la revue Grande Faune, elle contribue à faire connaître cette initiative et à mobiliser les acteurs de terrain. Plusieurs fédérations départementales accompagnent également cette dynamique, à l’image de la Fédération des chasseurs de Loire-Atlantique, qui relaie le projet auprès de ses adhérents. Les départements de Loire-Atlantique, d’Ille-et-Vilaine et du Morbihan constituent d’ailleurs le territoire historique de collecte de Marc Colyn, où plusieurs centaines de mandibules ont déjà été préparées. À terme, ce référentiel constituera un outil précieux pour tous les gestionnaires de chevreuils. Il permettra d’affiner les analyses de populations, de mieux comprendre leur structure d’âge et d’adapter encore davantage les plans de gestion. En cette période de tir d’été du brocard, cette étude rappelle l’évidence que la chasse ne se résume pas au prélèvement. Elle contribue aussi à observer, mesurer et transmettre. Derrière chaque animal collecté se cache désormais une opportunité de mieux comprendre le chevreuil et de préparer l’avenir de sa gestion en France. Merci Marc Colyn pour ce travail !