Publié le 17 septembre 2026
par Association des Chasseurs de Grand Gibier de Charente Maritime
Chassons.com Par Arnaud Valmont | le 16 septembre 2026
Le sanglier n’est plus seulement un habitué des forêts, des cultures et des campagnes. Il s’installe désormais jusque dans les quartiers résidentiels, parfois à quelques kilomètres seulement des centres-villes. À Trélissac, en Dordogne, cette évolution est devenue une réalité particulièrement visible. Dans cette commune de quelque 7 300 habitants située aux portes de Périgueux, les sangliers ont pris l’habitude de fréquenter les jardins, les abords des maisons et même les secteurs proches des piscines. Au point de devenir une véritable nuisance pour certains habitants. Face à cette situation, la municipalité a choisi une solution adaptée à son environnement avec le piégeage. Une réponse pragmatique qui rappelle surtout que lorsque le sanglier change de territoire, les méthodes de régulation doivent elles aussi évoluer.
Quand la battue n’est plus possible
Le témoignage des habitants de Trélissac est particulièrement parlant. Des jardins retournés, des trous et des bosses dans les pelouses, des animaux qui ne semblent plus particulièrement impressionnés par la présence humaine. Dans certains secteurs, les sangliers sont devenus suffisamment familiers pour que les habitants s’inquiètent de leur présence lorsque leurs enfants jouent dehors. Le problème est que la réponse traditionnelle n’est pas toujours possible. Dans un quartier composé de maisons, de routes et d’entreprises, organiser une battue dans les mêmes conditions qu’en pleine campagne serait évidemment inconcevable. La sécurité des habitants impose alors d’autres solutions. C’est précisément dans ce type de situation que le piégeage peut prendre tout son sens. Il ne s’agit pas de remplacer systématiquement la chasse, mais d’utiliser un outil complémentaire lorsque la configuration des lieux ne permet plus d’intervenir de manière classique.
Des pièges, mais pas n’importe comment
La commune disposait déjà de deux cages et prévoit d’en installer deux supplémentaires. Elle a également expérimenté un filet de capture d’environ dix mètres de diamètre. Appâtés avec du maïs, les sangliers qui pénètrent dans le dispositif se retrouvent pris au piège. Le système peut sembler rudimentaire, mais il répond à une logique très précise de pouvoir concentrer les animaux dans un espace maîtrisé afin de permettre ensuite leur suppression dans des conditions de sécurité adaptées à l’environnement urbain. Et les résultats annoncés par la municipalité sont loin d’être anecdotiques. Depuis le début du mois d’août, déjà une dizaine de sangliers auraient été capturés grâce à ce filet avant d’être abattus. Surtout, l’opération est encadrée. Le piégeage du sanglier ne s’improvise pas et il est soumis à des règles précises où ne peuvent intervenir que des personnes agréées et formées. En Dordogne, le dispositif de régulation est également suivi dans le cadre départemental de gestion de l’espèce. Autrement dit, derrière l’image du filet installé dans un quartier se trouve une véritable opération de régulation de la faune sauvage.
Le sanglier oblige à élargir la boîte à outils
L’expérience de Trélissac pose finalement une question beaucoup plus large. Que fait-on lorsque le sanglier s’installe durablement dans des secteurs où les outils traditionnels de la chasse ne peuvent plus être employés ? La réponse ne peut pas être idéologique et se doit d’être pratique. La chasse reste le principal outil de régulation du sanglier dans les territoires où elle peut être exercée dans de bonnes conditions. Mais lorsque l’urbanisation progresse, que les maisons se multiplient et que les animaux s’habituent à la présence humaine, il faut pouvoir disposer d’autres moyens. Cages, filets, interventions administratives ou opérations de chasse adaptées, toutes ces méthodes ne sont pas forcément concurrentes. Elles peuvent au contraire être complémentaires. Le cas de Trélissac illustre surtout une évolution du problème. Ce ne sont plus seulement les agriculteurs qui peuvent être confrontés au sanglier. Désormais, le particulier qui retrouve son jardin retourné, la commune qui doit sécuriser ses espaces publics et l’habitant qui croise une compagnie devant chez lui sont eux aussi directement concernés. Et lorsque le sanglier arrive jusque dans la ville, une chose devient alors évidente et la question n’est plus de savoir s’il faut réguler, mais comment réguler efficacement, légalement et en toute sécurité.