Publié le 21 octobre 2026
par Association des Chasseurs de Grand Gibier de Charente Maritime
11 OCTOBRE 2026 CHASSONS.COM
En Maine-et-Loire, les lieutenants de louveterie, la Fédération départementale des chasseurs et la FDSEA 49 se sont réunis à deux reprises, les 17 et 29 septembre derniers, pour dresser un état des lieux des dégâts de sangliers. Ils en ressortent avec une ambition commune, qui est de mieux coordonner l’action de chacun depuis la parcelle jusqu’aux services de l’État, car la régulation du grand gibier ne peut plus reposer sur un seul acteur à l’heure où les dégâts pèsent lourdement sur les exploitations comme sur les finances des fédérations.
Une alerte trop tardive qui coûte cher
Le premier constat dressé dans l’Anjou dépasse largement les frontières du département, puisque les louvetiers y sont trop souvent appelés lorsque les cultures ont déjà été retournées et que les compagnies de sangliers ont pris leurs habitudes sur un secteur. Une intervention engagée à ce stade se révèle plus longue et plus difficile, et elle obtient des résultats moins durables, alors qu’un signalement rapide au lieutenant de louveterie permettrait d’agir avant que les pertes ne s’accumulent. L’enjeu est d’autant plus sensible que l’indemnisation des dégâts de grand gibier, dont le sanglier représente l’essentiel, coûte chaque année près de 90 millions d’euros aux fédérations départementales, et cette charge repose sur un nombre de chasseurs qui n’a cessé de reculer depuis cinquante ans. Depuis la saison 2025-2026, les plus petits dossiers ne sont d’ailleurs plus indemnisés, ce qui rend la prévention plus précieuse encore pour le monde agricole, car chaque hectare protégé en amont représente une perte évitée qu’aucun barème ne viendrait compenser.
Les louvetiers, bénévoles au service de l’État
Les lieutenants de louveterie occupent une place singulière dans ce dispositif, puisqu’ils sont nommés par le préfet pour mener les battues administratives et les opérations de régulation tout en exerçant cette mission à titre bénévole. Ils sont environ 1 800 en France et doivent répondre à des sollicitations de plus en plus nombreuses, souvent en dehors de leur temps de travail et la nuit, avec leur propre matériel et leurs propres chiens. Leur engagement les expose aussi, car plusieurs d’entre eux ont été menacés ou ont vu leurs battues perturbées par des opposants à la chasse ces derniers mois. Une proposition de loi déposée au Sénat en juin 2025 entend leur donner un statut d’auxiliaires volontaires de l’État, avec une protection fonctionnelle et une prise en charge de leurs frais de mission, ce qui traduit une reconnaissance tardive mais réelle d’un rôle que les territoires ruraux savent indispensable depuis longtemps.
La présence des agriculteurs aux battues, un geste qui change tout
La FDC 49 insiste sur un point qui peut sembler secondaire mais qui pèse en réalité sur la réussite des opérations avec la présence des agriculteurs le jour de la battue, même lorsqu’ils ne chassent pas. Être sur place permet de partager la connaissance fine des parcelles et des passages, de rappeler les consignes de sécurité et de dissiper les malentendus qui naissent si facilement entre ceux qui subissent les dégâts et ceux qui sont chargés de les limiter. Cette proximité nourrit une confiance que les réunions de bureau ne suffisent pas à construire, et elle rappelle que la gestion du sanglier relève d’une responsabilité partagée, comme le souligne la Fédération nationale des chasseurs, qui plaide pour une participation de l’État et un meilleur partage de l’effort de prévention. L’exemple du Maine-et-Loire montre qu’une cohabitation apaisée reste possible, à condition que chacun accepte de jouer sa partie, et l’avenir de la régulation sera d’autant mieux assuré que chasseurs, louvetiers et agriculteurs continueront d’avancer ensemble.